Le coeur de l’hospitalité: l’humilité

Je viens d’une culture où l’hospitalité est restée une chose très naturelle : pas besoin de téléphoner avant de venir rendre une petite visite; pas besoin d’une invitation “officielle pour partager un repas ou un verre de vin de palme; pas besoin de faire le ménage pendant des heures dans la maison avant de recevoir qui que ce soit. Toute mon enfance, j’ai vu des gens aller et venir quelque soit l’heure du jour ou de la nuit et rentrer chez eux, après 3 heures, 3 jours ou 3 mois, heureux des moments passés ensemble. Tout se faisait naturellement, les repas étaient partagés en toute simplicité et le balai des visites reprenait dès le lendemain. Ah, comme j’aurais aimé continuer de vivre ainsi…

Mais la vie en Europe a été toute autre. Peu après mon mariage l’on m’a vite fait réaliser que je serais scrupuleusement jugée en fonction de mes capacités, y compris mes capacités à recevoir suivant une liste d’exigences dont je n’avais même pas clairement conscience. Et puis il y avait les “amies”, souvent même la famille, de celles qui viennent et scrutent chaque recoin de votre maison pour trouver la faille. On se met alors une pression énorme, comme lorsqu’on se prépare à un examen, car malheureusement ça en devient un… qu’on passe ou qu’on redouble au gré des avis !

Mais que révèle cette réalité au final ? Certes, l’être humain est plus porté à la critique et au jugement qu’à la grâce et aux compliments. C’est ainsi depuis la nuit des temps ! Cependant, si nous avons toutes été victimes un jour ou l’autre d’une “mauvaise langue”, nous ne sommes pas innocentes pour autant. De notre côté, nous attendons des gens qu’ils nous apprécient, qu’ils fassent quelque chose en retour pour nous, qu’ils fassent générer en nous certains sentiments. Au final, nous offrons notre “hospitalité” avec un agenda caché et dans le but d’obtenir une réponse qui nous valorisera. Nous pratiquons donc “l’hospitalité d’apparence”, car la véritable hospitalité, celle à laquelle le Seigneur nous appelle, demeure étroitement associée à sa meilleure amie: l’humilité.

C.S Lewis donne la meilleure définition de l’humilité lorsqu’il dit qu’ “être humble, ce n’est pas de penser moins de soi, mais de penser moins à soi“. Penser moins à soi, c’est-à-dire aussi penser moins à ce que les autres pourraient penser de nous, c’est oser la vulnérabilité au détriment du “qu’en dira-t-on?”; et dans notre contexte, c’est d’essayer de nous mettre dans la peau des autres afin de leur offrir le type d’hospitalité qui comblera leurs besoins du moment et non les nôtres.

Jésus nous a laissé le modèle ultime de l’humilité. Il n’a jamais regardé à sa condition, n’a jamais cherché à se valoriser ni à se faire valoriser par qui que ce soit, ni de quelque manière que ce soit. Il est venu en toute simplicité et s’est laissé briser pour notre rédemption. Il s’est mis dans notre peau et a subi à notre place le châtiment ultime.

Pratiquer la véritable hospitalité exigera donc que nous revêtions la robe de l’humilité, comme Jésus. Il ne s’agit pas de nous, il s’agit de ce que nous pouvons apporter aux autres. Il ne s’agit pas d’une performance; il s’agit de participer à la délivrance de l’autre, dans ses besoins, dans ses maux, dans ses douleurs. Il ne s’agit pas d’un divertissement, il s’agit de porter le fardeau les uns des autres, de rire avec ceux qui rient et de pleurer avec ceux qui pleurent (Romains 12:15). Il s’agit de donner comme Christ a donné, sans retenue, avec simplicité et avec humilité.

Pour ma part, le déclic s’est produit un jour où je m’apprêtais à recevoir des invités. Je m’étais levée de bonne heure et n’avais pas touché terre tant je m’évertuais à rendre la maison impeccable. La fatigue m’avait rendue amère. Je regrettais d’avoir invité ces personnes vu le travail que cela me demandait. Je criais après les enfants s’ils avaient le malheur de remettre du désordre dans la maison. Plus l’heure approchait et plus j’étais exécrable. C’est alors que mon fils, en s’adressant à son petit frère, fit une remarque qui me marqua pour de bon : “maman est toujours de mauvaise humeur quand elle reçoit des gens à la maison !”

Cette remarque toute simple me fit rougir de honte. Quel modèle avais-je donné à mes enfants de l’hospitalité ? Que c’est une corvée que je ne faisais définitivement pas avec le coeur de Christ ! Toutes les fois, j’aurais pu faire les choses plus simplement, faire juste suffisamment de ménage pour que personne ne se brise la nuque en glissant sur un jouet; choisir des menus qui me permettraient de passer plus de temps avec mes invités et moins de temps en cuisine à vouloir les épater… Bref, aller au plus simple pour offrir la bonne part à ceux qui venaient chez moi : ma disponibilité et mon écoute. Mon manque d’humilité me poussait à m’assurer d’abord de mon image avant de m’assurer de ce que je pouvais humainement et spirituellement apporter à ceux que je recevais.

Sans humilité, notre hospitalité de façade n’est que la démarche égocentrique de plus de notre nature charnelle. L’on ne peut aimer et donner pleinement que lorsqu’on a véritablement compris l’essence de Dieu et fait le choix intentionnel de marcher dans ses voies : les voies de l’amour sacrificiel, de celui qui nous fait aimer les autres au minimum comme nous nous aimons nous-mêmes, et dans l’idéal en les plaçant au dessus de nous (Philippiens 2:3).

Pratiquer la véritable hospitalité ne se fera pas du jour au lendemain, car cela va exiger de nous un combat contre notre propre nature, au même titre que tous les autres combats que nous menons au quotidien pour croître à la ressemblance de Christ. L’important c’est de le vouloir et de prier d’un coeur sincère pour y parvenir. Lorsque vous donnez votre volonté à Dieu pour faire des choses qui béniront les autres, Il vous équipera sans aucun doute de la puissance nécessaire pour y arriver. L’amour, c’est son business et Il investira dans tout ce qui peut contribuer à développer son affaire !

Acceptez mes exigences et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Matthieu 11:29

Bénédictions !

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