Le “nouveau” ministère des femmes

par | Servir | 0 commentaires

Avec la prolifération des mégachurches qui proposent des cultes qui ressemblent de plus en plus à des méga shows télévisés, la pression est de plus en plus forte pour les églises de plus petite taille qui n’ont pas les moyens d’investir dans la technologie ou dans les looks “tendance” des leaders. Et la réalité, c’est que le Chrétien d’aujourd’hui associe la réussite spirituelle à la taille de l’église, au nombre de ses membres, à la célébrité et à l’opulence du pasteur ou à la qualité du show proposé chaque dimanche ! Heureusement, de nombreux leaders persistent à préserver la priorité à la Parole de Dieu. Mais ce siècle ne leur facilite pas la tâche…

La Parole nous en avait avertis, avec une recommandation claire :

En effet, un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine. Au contraire, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule d’enseignants conformes à leurs propres désirs.  Ils détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. Mais toi, sois sobre en tout, supporte les souffrances, accomplis la tâche d’un évangéliste, remplis bien ton ministère. 2 Tim. 3-4

Si toutes les mégachurches ne sont pas superficielles pour autant, il n’en demeure pas moins qu’en tant que leader de ministère, la tentation de recourir davantage à des moyens et programmes de divertissement plutôt que d’édification est bien réelle. C’est pourquoi il est primordial de ne jamais céder à la pression, même si la fréquentation de votre ministère diminue, et même si les personnes que vous ciblez ne semblent désirer que ce type d’approche. Dieu ne fera jamais passer le divertissement (ni la prospérité matérielle !) avant la prospérité spirituelle des âmes. Et il est de notre devoir de nous aligner et de rester fermement ancrée à cette vérité.

À mes débuts, j’ai fait une petite enquête d’opinion orale. J’étais super motivée et la vision de Dieu résonnait comme un écho dans mon coeur jours et nuits: “Je veux que ce ministère soit un hôpital spirituel pour mes filles“. Dans ma naïveté, j’étais partie du principe que si Dieu avait précisé cet aspect, c’est parce qu’il y avait un réel besoin déjà à l’intérieur même de l’église. Et j’avais commis l’erreur d’en conclure que ce besoin était identifié par les concernées, de même que le désir ardent de le combler. Grave erreur ! À la question de savoir ce qu’elles attendraient d’un ministère de femmes, les premières réponses ont toutes été du même acabit : fun, sorties entre filles, fun, activités détente en plein air, fun,  fun, fun ! J’ai bien failli abandonner l’idée de me lancer, parce que la vision que je portais n’allait vraiment pas prioritairement dans ce sens. Et puis, le Saint-Esprit m’a éclairée sur quelques points :

1. J’avais tiré des conclusions trop hâtives, basées sur une petite minorité.

2. Le besoin de légèreté est un besoin réel pour les femmes d’aujourd’hui qui ont des quotidiens très exigeants. Nous donnons beaucoup de nous-mêmes chaque jour et avons très peu d’occasions de nous relâcher et de nous ressourcer à notre tour.

3. Les besoins spirituels sont réels, mais souvent les concernées ne le réalisent pas elles-mêmes. Elles sont tellement habituées à “fonctionner” avec ces manques qu’elles ne se demandent même plus comment faire autrement.

4. Le ministère des femmes a une vieille réputation de “club social de bavardages entre dames”. Il me revenait d’en proposer la version post-moderne. Les femmes interrogées se sont limitées à cette image, simplement parce qu’elles n’avaient jamais vu le ministère fonctionner autrement.

Ces révélations m’ont permis de prendre un certain recul et de me retrousser les manches. Oui, j’allais devoir penser à des activités divertissantes qui apporteraient une certaine légèreté à celles qui sont dans une saison de vie compliquée; mais non, je n’allais pour autant pas faire l’impasse sur la priorité d’édification. Viendrait qui viendrait ! Christ s’attend à trouver une épouse qui veille spirituellement, et en tant que leader chrétienne, mon devoir est de m’assurer que cette exigence biblique reste d’actualité.

Voici le profil “fonctionnel” du ministère des femmes au 21ème siècle que mon expérience et mes observations m’ont permis de dégager. Il prend en compte les réalités de notre époque, les besoins des femmes d’aujourd’hui et les technologies.

1.  Structuré, mais allégé : évitez de proposer dix milles activités et programmes !

2. Les études bibliques restent l’élément fondamental.

3. Les rencontres de groupes se font avec régularité : hebdomadaires, bi-mensuelles, mensuelles…

4.  Un seul grand événement annuel tel qu’une conférence ou une retraite. Pour les organisatrices, ce genre d’événement est très éprouvant.

5. Deux ou trois événements de moyenne envergure pour rassembler autour d’une thématique. Par exemple : événement de prière, club de lecture, thème saisonnier, événement d’évangélisation…

6. Utilisation des médias sociaux pour informer, communiquer, garder le ministère vivant et atteindre les non-chrétiennes là où elles se retrouvent. Ils peuvent aussi servir à former des groupes virtuels qui permettent une plus grande flexibilité dans les agendas des femmes très occupées.

En tant que leader, nous devons exercer l’art de l’observation afin de rester pertinentes dans nos approches. La bonne leader, c’est aussi celle qui sait se remettre en question et se réactualiser en tenant compte des besoins, du contexte et des moyens dont elle dispose. Notre siècle va très vite et c’est devenu un véritable challenge d’en suivre tous les changements. D’où le but de notre ministère qui vous équipe, vous accompagne , vous édifie et vous informe avec le plus de pertinence possible, pour faire de vous des leaders redoutablement armées !

Un coeur intelligent acquiert la connaissance, et l’oreille des sages la recherche. – Proverbes 18:15

Bénédictions !

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