Désert spirituel : 7 moyens d’en sortir

Les déserts spirituels font partie intégrante de la vie du Croyant. Passée l’euphorie qui accompagne la nouvelle naissance, tôt ou tard dans nos parcours de vie chrétienne, nous sommes toutes confrontées à ce douloureux moment où l’on s’interroge sur la réalité ou l’utilité de nos nouveaux idéaux de vie. Cela arrive notamment lorsque des prières restent sans réponse, lorsque de grands changements auxquels nous n’étions pas préparés surviennent, lors de la perte d’un être cher, un problème de santé, une dépression ou lorsqu’une certaine monotonie s’installe dans notre spiritualité. On n’arrive plus à prier et chaque journée nous parait insurmontable. Dieu semble lointain et un profond vide intérieur s’installe progressivement.

Mais il y a aussi les déserts que l’on se créé soi-même et qui nous font tourner en rond, à l’image des Israélites et de leurs 40 années dans le désert (Nombres 14). Ils avaient été soumis à ce traitement à cause de leur désobéissance, de la peur et de l’incrédulité qu’ils avaient laissé s’installer en eux, et alors même qu’ils avaient expérimenté la puissance et la présence divines. 40 années à retarder la réalisation de la promesse, 40 années à regretter leur manque de foi et à imaginer ce qu’aurait été leur vie à la terre promise… Y a-t-il plus déprimant que de vivre 40 ans de “Et si ?”

J’ai connu deux traversées du désert depuis ma conversion. Et ce que je peux en dire avec le recul aujourd’hui, c’est qu’elles sont douloureuses mais nécessaires pour la croissance spirituelle, car elles nous contraignent à rechercher Dieu sous une nouvelle dimension. Le Seigneur les permet pour nous forcer à une certaine discipline, pour nous obliger à sortir de notre routine spirituelle afin d’entrer dans une relation vivante avec Lui. Les déserts font naître en nous une soif nouvelle et nous amènent à la réalisation que le vide qui nous habite ne peut être rempli que par Lui, et ils nous font aussi réaliser que l’obéissance ne sera jamais un module en option dans notre vie chrétienne. Il n’est certes jamais agréable de faire face à nos abysses intérieurs, mais la victoire est remportée lorsque nous mesurons notre dépendance à Dieu, en tous points et en tout temps.

Les déserts peuvent s’avérer salutaires lorsque l’on demeure suffisamment éveillé pour mettre ce temps à profit pour une introspection. Ils peuvent par contre s’avérer destructeurs lorsque survient la paralysie spirituelle qui nous plonge dans de profonds moments de confusion et de découragement. Dans ce cas, il est urgent de trouver le moyen d’en sortir au plus tôt… Quelques conseils tirés de mon expérience personnelle qui pourraient peut-être vous y aider.

1. Bien s’entourer

Ne pas hésiter à faire appel à une amie chrétienne de confiance qui prendra le temps de vous écouter sans vous juger et qui aura la patience de prier pour vous et avec vous jusqu’à ce que vous y arriviez vous-même à nouveau. Souvent, l’enthousiasme et la détermination de cette personne, le fait qu’elle continue de croire en vous et qu’elle vous exprime le regard et l’amour inconditionnel que Dieu vous porte peuvent suffire à vous remettre le pied à l’étrier de la prière. Car c’est bien la première étape à franchir, la plus urgente et la plus importante: recommencer à prier.

2. Se souvenir de notre parcours de conversion

Effectuer un petit voyage dans le passé permet de se souvenir de l’état dans lequel nous étions avant notre Salut. On mesure ainsi les progrès effectués et surtout la fidélité et la patience dont Dieu a fait preuve à notre égard. Cela permet de relativiser un peu notre état actuel. Se souvenir des raisons de notre foi peut aider également.

3. Lister ses bénédictions

Un processus important à faire tout au long de notre vie chrétienne pour se souvenir de la fidélité de Dieu dans nos circonstances. En France, j’avais chez moi une “boîte à bénédictions” que j’avais confectionnée à partir d’une boîte à lessive et dans laquelle je mettais toutes les interventions de Dieu dans ma vie, notées sur des bouts de papier. J’encourageais les enfants à insérer leurs propres notes aussi. Nous les ressortions le jour de l’Action de grâce que nous avions instauré en famille (dernier samedi de novembre) et nous éprouvions toujours un immense émerveillement à nous repasser ainsi les fidélités de Dieu. Aujourd’hui, je tiens un journal de gratitude que je relis les jours où mon moral flanche.

4. Se reposer

Ce conseil peut paraître simpliste mais je me suis parfois rendue compte que je me serais épargnée beaucoup de troubles inutiles si j’avais pris le temps de me reposer et de revoir mes priorités. Souvent, ce qu’on considère comme un désert spirituel n’est en fait que le fruit d’un épuisement mental et/ou physique, ou d’une poursuite trop longue des mauvaises priorités. Dans ces cas, un bon repos suffit à nous remettre les idées et le corps en place et à changer notre perspective.

5. Avoir recours à la louange

Ma dernière paralysie spirituelle a duré 6 mois. J’étais incapable d’adresser la moindre prière au Seigneur. La louange a grandement contribué à me débloquer. Mon amie du point 1, après m’avoir longuement écoutée, encouragée et prié pour moi m’avait recommandé plein de nouveaux cantiques. Je me suis constituée une liste de lecture sur youtube que je laissais tourner à longueur de journée et au bout d’une semaine, je me suis mise à les chanter, puis à me les approprier, puis à les prier. Cette approche a permis de re-disposer mon coeur à la prière. Trois cantiques en particulier me font systématiquement cet effet: Si la mer se déchaine, Entre tes mains j’abandonne et Tout mon espoir.

6. Prendre du temps pour la beauté

Lorsqu’on est au creux de la vague, notre perception de notre environnement change. Tout nous semble laid, gris, triste… à l’image de notre malaise intérieur. S’entourer de beautés simples et prendre le temps de les observer nous rappelle les merveilles de Dieu, et le soin qu’Il accorde aux détails nous rassure sur le fait qu’Il portera forcément les regards sur nous (Matthieu 6:30). Un bouquet de fleurs fraîches, une corbeille de fruits divers et colorés, un coucher de soleil, une pleine lune, des oiseaux (Luc 12:24), des papillons, un tapis de feuilles d’automne, de la musique classique, un joli tableau, des senteurs naturelles… Se refaire une beauté peut également s’avérer salutaire: aller chez le coiffeur, à la manucure, au spa, oser un nouveau style…etc.

7. S’accrocher aux promesses de Dieu et utiliser les Psaumes

J’ai toujours sous la main une liste de “versets par temps d’épreuve” et mon livre de promesses bibliques dans lesquels je me plonge lors de mes traversées. Et même si au début ce ne sont que des mots, à mesure qu’on se les repasse, ces promesses prennent progressivement vie en nous . L’espoir de leur réalisation renaît et on finit par se les approprier, par la foi.
Quant aux Psaumes, ils ont ceci de remarquable qu’ils illustrent tout l’éventail des sentiments humains. Le roi David nous encourage à faire preuve d’authenticité vis à vis de Dieu, à Lui ouvrir nos coeurs dans toute leur réalité. Le Seigneur récompense toujours ceux qui ne font aucun faux semblant avec Lui. Lire les Psaumes à voix haute nous remet en confiance quant à ce que nous pouvons librement exprimer à Dieu et nous libère de la culpabilité de nous être éloigné de Lui, de ne plus rien “ressentir” ou de n’être plus capable de prier. David devient en quelque sorte notre porte-parole…

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Les déserts spirituels sont rarement des moments plaisants et on aimerait toutes vivre une spiritualité épanouie et sans interruptions. La chose importante à retenir, c’est qu’il y a toujours une leçon à en tirer ainsi qu’un objectif de croissance. Dieu nous veut zélées dans notre foi et dans nos oeuvres pour le Royaume. Il veut nous voir croître dans notre désir de Le connaître et de dépendre de Lui. Et cette croissance ne s’opère et ne se vérifie que sous le feu de l’épreuve du vide, quand on réalise qu’Il est et demeurera à jamais le seul capable de nous combler. Nos déserts nous apprennent à nous abandonner à la toute puissance de Dieu. Nous y entrons brisés, mais nous en ressortons habillés d’une nécessaire humilité, celle qui fera de nous des femmes selon Son coeur.

Mon esprit est abattu en moi, mon coeur est consterné au fond de moi.  Je me souviens des jours passés, je pense à toute ton activité, je réfléchis au travail de tes mains. Je tends les mains vers toi, je soupire après toi comme une terre assoiffée. – Pause.
Réponds-moi vite, Eternel, car mon esprit s’épuise. Ne me cache pas ton visage, car je deviendrais pareil à ceux qui descendent dans la tombe. Dès le matin, fais-moi entendre ta bonté, car je me confie en toi! Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher, car je me tourne vers toi! Délivre-moi de mes ennemis, Eternel! C’est en toi que je cherche un refuge. Enseigne-moi à faire ta volonté, car c’est toi qui es mon Dieu. Que ton bon Esprit me conduise sur le terrain de la droiture! A cause de ton nom, Eternel, rends-moi la vie! Dans ta justice, délivre-moi de la détresse! Psaume 143: 6-11

Bénédictions

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