Le second appel (la transition spirituelle)

C’est perturbant… devoir recommencer.

C’est ce qui m’est arrivé. J’étais parvenue à la croisée des chemins de ma vie et j’étais passée à l’étape de la post-guérison. Le vide intérieur que je ressentais était à l’image des blessures qui le comblaient jadis encore. Le second appel s’était fait récurrent, insistant, perturbant… Comme téléguidée, j’ai suivi le chemin qui me menait au pied de la Croix. Pas le chemin que je faisais habituellement en toute conscience, mais bien celui qu’on se retrouve forcée de faire lorsqu’on peine à quitter sa zone de confort, et même si cette zone n’était en fait que synonyme d’inconfort et de destruction. Un paravent avec lequel on avait néanmoins appris à « fonctionner »…

Mais la voix de Dieu s’était faite entendre : « je ne veux pas de compromis dans ta vie ! Je te veux telle que je t’ai souhaitée : libre, aimée et bénie ». Il a donc fallu passer par la nécessaire étape du miroir. Oser regarder au fond de soi et mettre des mots sur la douleur et sur ses causes ; laisser la plaie béante de sorte à ce que le Seigneur puisse y appliquer son baume cicatrisant. Et prendre le temps de guérir et de voir venir cette nouvelle identité, troublante et inconnue. Vivre cette phase de transition qui marque le passage de la mort à la résurrection. Et répondre au second appel

Bien-aimée, peut-être es-tu aussi à cette étape dans ta vie ?
Dieu te pousse à entamer un nouveau voyage. Et même si cela paraît plus rassurant de demeurer dans la zone de confort, celle où il nous semblait avoir un peu mieux le contrôle des choses, le temps est désormais venu de pousser la porte d’un nouveau départ et de faire le pas supplémentaire…

Mon cœur s’est peu à peu éveillé à la vérité de mon histoire, de mes blessures et de mes rêves. Je ne pouvais plus me cacher les réalités que j’avais découvertes à mon sujet, au sujet de Dieu, de la vie et des autres. Dieu m’appelait à vivre différemment, à mettre un nouveau manteau et à commencer une nouvelle histoire. L’histoire de la bien-aimée. Un appel à la fois excitant et submergeant… Ce n’est guère évident d’adopter l’identité d’une personne qu’on ne s’était jamais autorisée à être : une “bien-aimée”... De celle qui est aimée pour ce qu’elle est, inconditionnellement.

C’est ce qui arrive lorsqu’on décide de mettre à nu son cœur. On obtient une seconde chance de suivre Jésus, d’une manière totalement différente de la première, différente des circonstances qui firent notre histoire…

Le premier appel est celui que Jésus a adressé à ses disciples quand Il les vit pour la première fois en train de pêcher (Matthieu 4:18-22). C’est aussi celui qu’Il nous adresse à toutes, cette invitation à Le découvrir à travers Son message d’amour et de rédemption. Nous y répondons parfois par curiosité, souvent par désespoir…

Le second appel est plus difficile. C’est celui qu’Il lance après Sa résurrection, après que les disciples eurent goûté à l’amertume de la perte, du deuil, de la douleur, de la peur et de leurs propres échecs et limitations. C’est l’appel auquel nous répondons par la foi et par l’action du Saint-Esprit en nous. Et nous ne pouvons l’expérimenter que si nous avons choisi d’obéir à cette Voix qui n’a eu de cesse de murmurer dans nos cœurs, si nous avons osé faire le pas supplémentaire… C’est ce second appel qui nous conduit définitivement au delà de ce que nous pouvons voir, afin d’entrer dans une nouvelle identité, une identité imparfaite, mais parfaitement aimée de Dieu.

Et cette nouveauté peut faire peur…
Puis-je réellement décider d’abandonner mon ancien “Moi” pour choisir de devenir la bien-aimée de Dieu ?
Quelles seront les conséquences de ce choix ?
Quelles seront les bénédictions qui découleront de ce choix ?
Quelle sera ma nouvelle histoire ?

Je me retrouvais à être telle une trapéziste en plein saut, entre le moment où elle lâche son support et celui où elle attend de pouvoir rebondir sur son filet de sécurité. Elle sait que son filet est là. La chute lui paraît longue néanmoins. Les inévitables questions surgissent : mon filet est-il bien attaché ? Réussirai-je à rebondir suffisamment haut pour rattraper mon support ? Mes prochains sauts seront-ils mieux réussis que les précédents ?

Oh, je savais mon filet solidement attaché et plus que capable de me rattraper ! Et pourtant… La peur de ce pas supplémentaire qui mène vers une inconnue totale.

Je voulais néanmoins me donner le droit d’être aimée désormais, et même si cela signifiait de faire des choix effrayants. Je voulais laisser la peur derrière moi et oser devenir celle que j’ai vraiment été appelée à être. Mon âme aspirait à la renaissance et cette aspiration était bien plus forte que mes peurs parce que tout au fond de moi, la voix de Dieu me murmurait que le temps était venu d’entamer ma marche sur le chemin parfait qu’Il m’a destiné depuis toujours.

Alors j’ai fait le pas. Je me suis rappelée que ses voies ne me mèneraient jamais où ses pas ne m’auraient précédée. Mais mon effort était nécessaire, effrayant mais infiniment nécessaire. C’était celui qui exigerait dorénavant de moi des choix difficiles pour faire le voyage avec pour seul bagage le fardeau doux et léger qu’Il me proposait.

C’était désormais le temps de la difficile attente. Abandonner ses anciennes références, bonnes et mauvaises; se rendre disponible cœur, corps et âme et attendre que le Seigneur commence le livre de ma nouvelle histoire. Il a refermé la porte sur mes meurtrissures, Il a définitivement brisé toutes les chaînes qui me retenaient captive, non seulement moi mais aussi les amours de ma vie. Il m’a fait la grâce de se révéler dans toute son essence à mon cœur et je porte officiellement le nouveau nom qu’il m’a attribué. Je suis une page blanche, je suis SA page blanche. Et j’aspire à être plus qu’une introduction…

Si toi aussi tu es en convalescence de l’âme, silencieuse et anxieuse face à l’inconnu, face au nouveau chemin sur lequel te mène le Seigneur; si tu t’inquiètes du vide qui semble prendre ses quartiers dans ton coeur, souviens-toi…

– Souviens-toi que le Seigneur te trace un chemin parfait et te maintient sur les hauteurs (2 Samuel 22: 33-34) ;
– souviens-toi qu’il est fidèle, qu’il est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Hébreux 13 : 8) ;
– souviens-toi qu’il t’a conçue pour être à son image, une créature merveilleuse, et qu’Il t’a déjà équipée pour une destinée glorieuse (Psaumes 139:14);
– souviens-toi que le meilleur reste à vivre, parce qu’il a conçu pour toi des projets de paix pour te donner un avenir et une espérance (Jérémie 29:11) ;
– souviens-toi que sa compassion se renouvelle éternellement chaque matin pour toi (Lamentations 3:23);
– et souviens toi que rien ne saurait jamais te séparer de son amour (Romains 8:39).

J’ai connu l’angoisse des nouveaux départs à répétition ; j’ai vu mon ciel maintes fois s’assombrir alors même qu’il me promettait une éclaircie désespérément attendue ; j’ai connu l’inconfort et la douleur de la solitude, de la trahison, du rejet et de l’injustice et j’ai passé un nombre incalculable d’heures à remettre mes choix en question et à baigner dans mes insécurités, m’interrogeant sans arrêt sur le but de mon existence. J’ai mené des combats sur le plan physique, émotionnel et spirituel dont je n’imaginais pas une seule seconde pouvoir sortir indemne et victorieuse. J’avais mis Dieu dans une boîte, je l’avais limité à ma vision limitée de la vie…

Mais nous avons un Dieu vivant et puissant, doux et humble de cœur qui se penche vers nous pour nous rejoindre dans nos limites spirituelles. Il accepte gracieusement notre graine de sénevé et n’attend pas de nous une improbable perfection avant de nous secourir, de nous entourer de son réconfort, de son amour et de commencer son œuvre de restauration en nous. Comme le jardinier, Il arrache les mauvaises herbes afin que nous produisions le meilleur rendement. C’est douloureux, mais toujours nécessaire. Et dans nos déserts les plus arides, je dirais même, surtout dans nos déserts les plus arides, jamais Il ne nous lâche la main.

Ton rôle à toi, bien-aimée, c’est de quitter ta zone de confort, de passer du stade de bébé à celui de l’adulte chrétien. Car vois-tu, une chrétienne à mi-temps ne vaincra jamais un Satan à temps plein ! Tout sera mis en œuvre pour t’éloigner de ta destinée. Mais tu devras regarder à Christ, toujours regarder à Christ, lui faire confiance et attendre Son secours avec patience, confiance et diligence. Les périodes de transition sont toujours difficiles, incertaines. La foi est testée plus que jamais. Mais lorsqu’on persévère, la grâce de Dieu nous ouvre les portes qu’aucun humain n’aurait jamais été capable de nous ouvrir. Et c’est avec émerveillement qu’on découvre ce que nous réserve la nouvelle saison de notre vie. Oh, pas une saison exempte de défis en tous genres, mais une saison où notre nouvelle vision de Dieu les amoindrira définitivement.

Et c’est alors…

[qu’] au lieu de la honte, vous aurez une double part. Au lieu de connaître l’humiliation, ils crieront de joie en voyant leur héritage. C’est ainsi qu’ils posséderont le double dans leur pays, et leur joie sera éternelle. – Esaïe 61:7

Te tiens-tu aujourd’hui dans une phase de transition où rien ne t’est demandé d’autre que d’attendre les directives de Dieu ? Es-tu effrayée du nouveau chemin que tu es appelée à prendre ? Dieu te demande-t-il de le suivre d’une nouvelle manière ?

Quant à vous, soyez forts et ne baissez pas les bras, car il y aura un salaire pour vos actes. – 2 Chroniques 15:7

Prends courage, bien-aimée. Garde la foi, persévère, ose sortir de ta zone de confort, ose faire le pas supplémentaire, ose répondre au second appel, ose sortir de la barque pour marcher sur l’eau malgré la tempête qui gronde ! Et n’oublie pas que tu n’arriveras à destination sans te noyer que si tu gardes les yeux rivés sur Lui. Entre dans ta nouvelle saison. Fais-Lui confiance et laisse-Le écrire le nouveau livre de ta vie. Dispose ton cœur et regarde-Le faire de ta vie le plus édifiant de tous les témoignages, pour sa gloire !

Bénédictions.

 

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