L’hospitalité : le commandement “oublié”

Le dictionnaire Larousse définit l’hospitalité comme étant l’action de recevoir et d’héberger chez soi gracieusement quelqu’un, par charité, libéralité et amitié.

Nous retrouvons l’hospitalité comme commandement divin dans l’Ancien Testament, Lévitique 19:33-34

Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point. Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu.

Et c’était un commandement tellement important à respecter que d’aucuns en venaient à supplier les étrangers pour qu’ils acceptent leur hospitalité: Abraham dans Genèse 18:1-8; et Lot dans Genèse 19:1-3 .

Hébreux 13:2 nous le rappelle:

N’oubliez pas l’hospitalité, car en l’exerçant certains ont sans le savoir logé des anges.

Abraham et Lot avaient effectivement logé les anges de Dieu et ils ont pu jouir des bienfaits de leur hospitalité.

Dans le nouveau Testament, le mot grec pour “hospitalité” signifie littéralement “Amour pour les étrangers”. Et c’est une valeur particulièrement chère au Seigneur et qui à elle seule suffit à résumer le coeur du ministère de Christ, Lui qui acceptait toutes les invitations sans préjuger de qui que ce soit (Matt.9:10; Luc 7:36,Luc 10:38, Luc 14:1; Luc 19:7; Luc 24:29; Jean 2:2), Lui qui est l’emblème de l’hospitalité de coeur manifestée par son amour pour les pécheurs que nous sommes.

 Pourvoyez aux besoins des saints et exercez l’hospitalité avec empressement. Romains 12:13

Pourtant, nous sommes nombreuses à choisir d’ignorer ce commandement et à nous contenter de rencontrer les gens au gré des circonstances et occasions, y compris nos soeurs en Christ que nous nous contenterons souvent de rencontrer le dimanche à l’église ! Nous sommes néanmoins nombreuses à reconnaître le plaisir procuré par l’invitation chaleureuse d’une âme généreuse qui nous ouvrira les portes de son coeur et de sa maison pour partager un repas simple dans une ambiance conviviale !

Alors pourquoi sommes-nous si peu nombreuses à pratiquer l’hospitalité aujourd’hui?

Je vois à cela trois raisons possibles :

> Parce que l’individualisme ambiant qui nous fait toujours donner la priorité à nos besoins personnels nous aveugle sur ceux des autres;

> parce que la complexité des relations que nous avons souvent entre nous les femmes nous rend méfiantes les unes envers les autres;

> parce que notre manque d’humilité ou nos diverses insécurités nous poussent à jouer davantage les Marthe que les Marie (Luc 10:38-4), ce qui nous épuise et nous décourage à recevoir quand on sait quelle quantité d’énergie nous y laissons, inutilement.

Résultat des courses, nous choisissons, consciemment ou non, de ne donner que ce qui nous arrange, de ne donner que dans un contexte que nous contrôlons et de ne donner qu’à ceux que nous connaissons. C’est ainsi que même dans l’église, nous voyons des clans se former par affinités, tandis que les nouvelles venues demeurent isolées.

Et pourtant, partout dans la bible, on peut observer que l’hospitalité était une pratique régulière et évidente dans l’église primitive. Jésus lui-même et ses disciples dépendaient de l’hospitalité des autres lorsqu’ils voyageaient de villes en villes (Matt.10:9-10). L’église elle-même qui se réunissait alors en maison dépendait de l’hospitalité des uns et des autres. Jésus envoyait ses disciples en leur précisant bien de ne rien emporter avec eux et de compter sur l’hospitalité des gens (Matt. 10:19-12).

[Jésus] dit aussi à celui qui l’avait invité : Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. Luc 14: 12-13

L’hospitalité biblique va donc bien au delà de notre groupe d’amies que nous recevons le 3ème samedi du mois ! Elle va bien au delà de nos rencontres traditionnelles entre soeurs en Christ, bien au delà de nos tontines mensuelles !  L’hospitalité biblique nous demande de sortir de notre zone de confort et d’ouvrir avec empressement nos bras, nos coeurs et nos maisons à de parfaites inconnues, tout comme Christ l’a fait pour nous. L’hospitalité biblique nous demande d’oser aimer, d’oser nous montrer vulnérables, d’oser la simplicité de coeur et l’amour spontané qui ne se laissera pas limiter par la taille de notre logement ou par nos compétences (ou incompétences) culinaires ! L’hospitalité biblique nous demande d’incarner Christ à celles qui ont besoin de le voir à travers nous, à celles qui ont besoin de réaliser qu’elles comptent et qu’elles ont une place dans la famille de Dieu, à celles qui dans leur saison de vie ont besoin d’une oreille compatissante pour se livrer en vécu et en vérité. L’hospitalité biblique nous demande de ne pas nous limiter à l’apparence ni aux préjugés, et de commencer à nous intéresser aux autres comme Christ s’est intéressé à nous.

Exercez l’hospitalité les uns envers les autres sans murmurer. 1 Pierre 4:9

Et mieux encore, nous devons le faire avec joie, c-à-d sans ruminer quand le mari invite des amis sans avoir prévenu 6 mois à l’avance; sans fulminer en pensant à la quantité de vaisselle et de nettoyage que nous aurons à faire après le départ de nos invités; sans grommeler sur le temps que nous allons passer en cuisine ou sur la facture des courses; sans geindre au téléphone avec notre mère, notre soeur ou notre amie sur les sacrifices que nous avons fait pour pouvoir offrir “l’hospitalité” !

Mesdames, ceci n’est pas l’hospitalité sacrificielle selon Christ, et encore moins de l’hospitalité sans murmures !

Autre point capital: l’hospitalité biblique ne se fait pas pour recevoir les louanges des Hommes. Nous ne la pratiquons pas parce que nous en espérons quelque chose en retour, ni parce qu’elle donne une bonne image de nous, ni pour recevoir l’oscar de la meilleure hôtesse ! Nous pratiquons l’hospitalité pour incarner Christ et pour révéler sa Gloire autour de nous.

Bien-aimées, quand vous pratiquez l’hospitalité, vous bénissez quelqu’un d’autre, que cette personne soit une étrangère, un membre de la famille ou juste une amie. Tout comme il n’est pas nécessaire d’avoir un don particulier pour aimer, il n’est pas non plus nécessaire d’avoir un don particulier pour pratiquer l’hospitalité. Nous sommes toutes appelées à nous exercer à l’amour les unes envers les autres et à manifester cet amour par des actes de générosité qui incarneront concrètement Jésus (És. 25:6-9; Lc. 14:16-24; Ap. 19:9). Mettez simplement vos genoux par terre et demandez au Seigneur de vous délivrer de toutes les chaînes qui vous empêchent d’observer ce commandement (peur du jugement, complexes, crainte de la nouveauté, préjugés sur les étrangers, peurs diverses…). Et demandez-Lui de placer sur votre chemin, les âmes qui auront besoin de voir la grâce du Tout-Puissant à travers vous !

Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Matthieu 25:40

Bénédictions

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